La place des lipides dans l’alimentation des tout-petits

Pour le bon développement de bébé, il est primordial de combler ses besoins nutritionnels. Parmi eux, une attention toute particulière se porte sur les lipides, ce n’est pas par hasard ! 

Découvrez les conseils de Raquel Barros, nutritionniste, pour mieux comprendre l'alimentation de bébé et lui composer des menus équilibrés, dès la diversification alimentaire.

Jusqu’à 12 mois, les lipides représentent entre 45 et 50% de l’apport énergétique total de la journée. De 1 à 3 ans, 50 à 55%. En résumé, le gras représente la moitié des calories que l’enfant devrait consommer chaque jour. Soit 3 à 5 fois plus que pour les adultes (35% pour nous en moyenne). Cela en fait le nutriment le plus présent chez le nourrisson. 

Pourquoi les lipides sont-ils si importants dans l'alimentation du bébé ?

o Ils sont la 1ère source d’énergie de bébé

o Ils apportent des acides gras essentiels poly-insaturés : les oméga 3 et oméga 6

o Ils apportent des acides gras mono-insaturés : les oméga 9

o Ils apportent et permettent l’assimilation des vitamines liposolubles : vitamine A, vitamine D, vitamine E et vitamine K

o Ils sont les premiers constituants des membranes cellulaires, en particulier cérébrales jouant un rôle indispensable dans la fabrication de la gaine de myéline

o Ils améliorent le système immunitaire et anti-inflammatoire

o Ils donnent la peau douce, des phanères en bonne santé pour des jolis cheveux et ongles

o Ils donnent du goût et de l’onctuosité à ses petits plats

Les lipides dans le lait maternel

Comme la nature est bien faite, le lait maternel répond parfaitement aux exigences lipidiques des nouveau-nés pour leur bonne croissance. Pas d’inquiétude pour les mamans qui n’allaitent pas, les laits infantiles offrent également des formules adaptées pour tous les âges, à mesure qu’il grandit : 

- 1er âge : 3,41 g de lipides pour 100 ml de lait, en moyenne

- 2ème âge : 3,29 g de lipides pour 100 ml de lait, en moyenne

- 3ème âge : 3,08 g de lipides pour 100 ml de lait, en moyenne

La teneur en lipides diminue progressivement puisque c’est la diversification alimentaire qui va venir compléter les menus des enfants, dès le 6ème mois.

La place des lipides dans la diversification alimentaire

  

Pour maintenir le parfait équilibre avec les autres nutriments indispensables, glucides et protéines, n’hésitez pas à ajouter une petite quantité de matières grasses dans ses repas, même lorsqu’il s’agit de petits pots (1 à 2 cuillères à café par jour). On observe une consommation légèrement insuffisante de lipides pour les enfants de moins de 1 an. Pensez-y et préférez les ajouter crues, après cuisson, dans ses purées de légumes par exemple.

La place de l’ARA parmi les recommandations lipidiques

La quantité de lipides à apporter au quotidien chez les tout-petits compte, la qualité aussi. Dans la famille des acides gras essentiels qui sont à privilégier, les poly-insaturés :

o oméga 3 : acide alpha-linolénique (ALA) et son dérivé, DHA (acide docosahexaénoïque) 

o oméga 6 : acide alpha-linoléique (AL) et son dérivé ARA (acide arachidonique)

Le voilà notre fameux acide arachidonique ! Et tous ces acides gras doivent être apportés par l’alimentation. Pourquoi ? Parce que le corps n’est pas en mesure de les fabriquer seul.

Cet aspect qualitatif pour l’enfant et la maman est très important. La célèbre notion de bon gras, est en réalité plutôt juste. Ce sont eux qui ont les « bons rôles » pour le capital santé de bébé et pour l’aider à bien grandir.

Les recommandations pour un apport suffisant et équilibré en oméga 3 et oméga 6 : 2,7% d'ALA, 0,45% d’AL, 0,5% d’ARA, 0,32% de DHA des lipides totaux.

L’ARA au milieu de tout cela ? Il appartient à la famille oméga 6, il est généralement moins célèbre que ses confrères. Oui nous savons le fabriquer à partir de l’AL. Pour les tout-petits, c’est un peu différent. Un rapport est même défini : oméga 6 (ARA) / oméga 3 (ALA) doit être égal à 1,6. On pourrait le dire semi-essentiel.

En effet, l’acide arachidonique joue un rôle structural notamment dans le développement du cerveau, et un rôle fonctionnel qui favorise le bon fonctionnement du système circulatoire sanguin, la réponse inflammatoire et la réaction allergique. Et s’il manque, la symbiose des acides gras essentiels peut en être perturbée, principalement la bonne synthèse du DHA qui a lieu dans le foie. Les enfants prématurés justement n’ont pas les enzymes nécessaires pour fabriquer ni l’un, ni l’autre. Il faut veiller à en apporter grâce à l’alimentation.

Où trouver les bons lipides à mettre dans les menus du tout petit ?

Les sources d’acide arachidonique : huile de foie de morue, les œufs, le thon, certains abats.

En pratique, privilégiez les huiles végétales comme l’huile de noix, de colza, de lin, de cameline. Les poissons gras également, comme le thon, les sardines, le maquereau, les crustacés et les algues. Régalez-vous avec des avocats, des noix, des amandes, noisettes, noix de cajou, pistaches. La bonne teneur en acides gras essentiels et en ARA du lait maternel, est proportionnelle à votre alimentation. Pour son optimisation, chouchoutez aussi vos assiettes.

Si l’enfant n’est pas allaité, certains laits infantiles proposent des compositions en acides gras essentiels adaptées, avec un rapport ARA/DHA satisfaisant. Si vous le voyez mentionné sur l’étiquette nutritionnelle, vous saurez ce que cela signifie à présent.

Vous n’avez pas tout retenu au sujet de l’acide arachidonique ? Ce n’est pas si grave, cela peut paraître complexe à la première lecture. Retenez que bébé a besoin de bons acides gras, maman aussi. Ils sont la première source d’énergie et essentiels pour leur apport en oméga 3 et 6. Enfin, DHA et ARA représentent plus de 20% des acides gras situés dans le cerveau. Manger gras c’est anti baby blues et bon pour le moral :)

Article écrit par Raquel Barros, nutritionniste

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