Comment éviter la bronchiolite pour mon bébé ?

Tous les ans à l’automne démarre une épidémie de bronchiolite qui se termine à la fin de l’hiver, avec malheureusement des hospitalisations pour les enfants les plus jeunes (0 à 12 mois) pouvant engager leur diagnostic vital. Nous souhaitions au LiVRE BLEU vous en apprendre plus sur ce virus, et les solutions qui existent pour protéger votre bébé grâce aux progrès de la médecine.

Qu’est-ce que la bronchiolite ?

Il s’agit d’une infection respiratoire due au VRS (Virus Respiratoire Syncytial). L’épidémie démarre en général chaque année vers le mois de septembre et se termine autour du mois de février. Ce virus infecte les voies respiratoires fines (les bronchioles) et peut entraîner une souffrance des poumons, voire une détresse respiratoire chez les plus fragiles, en particulier chez les nourrissons. Chaque année 30% des enfants de moins de 2 ans sont touchés, et 2 à 3% des nourrissons de moins d’un an sont hospitalisés, pour des formes graves pouvant aller jusqu’au décès. 

Ce virus est très contagieux, se transmet par voie aérienne (salive, toux, éternuement) et par contact direct (embrasser une personne infectée) ou indirect (surfaces, tétines, doudous, …).

Comment mon bébé peut éviter la bronchiolite ?

Pour les bébés qui naissent à l’automne ou en hiver, pendant la saison épidémique, il existe 2 solutions au choix des parents :

  • La vaccination de la femme enceinte entre la 32ème et 36ème semaine d’aménorrhée (le principe : la mère développe alors des anticorps en réaction au vaccin et ces anticorps vont aller jusqu’au fœtus pour le protéger)

  • L’injection chez le nouveau-né d’anticorps monoclonaux en 1 fois (le principe : le bébé est protégé directement grâce aux anticorps sans stimulation du système immunitaire). 

 

Pour les bébés nés avant la saison épidémique (entre février et août) : la solution est l’injection chez le nouveau-né d’anticorps monoclonaux en 1 fois dès le début de la campagne d'immunisation en septembre.


Ces 2 solutions sont relativement récentes et depuis qu’elles existent, les hospitalisations de nouveau-nés en particulier en réanimation et les formes graves ont nettement diminué.

En effet une étude réalisée par un organisme indépendant, demandée par la CNAM (sécurité sociale) et l’ANSM (agence du médicament), a montré que ces solutions sont efficaces, et que l’immunisation des nourrissons l’est davantage car par rapport au vaccin de la femme enceinte, elle réduit de 26% de plus le risque d’hospitalisation, de 42% de plus les admissions en réanimation ou soins intensifs.

Ces solutions montrent les progrès de la médecine et il est toujours bon de rappeler que la médecine progresse. Auparavant il n’existait que les injections de Synagis réservées aux bébés prématurés (1 injection par mois pendant 5 mois). Donc aujourd’hui grâce aux solutions de prévention disponibles tous les enfants peuvent être protégés et en 1 seule injection dès leur 1er hiver. On se réjouit de pouvoir bénéficier de ces avancées dont bénéficient nos enfants.

Le Pr Picone, chef de service de la maternité de l’hôpital Louis Mourier et fondateur du GRIG (groupe de recherche des infections pendant la grossesse) nous rappelait lors d’une interview que "ces 2 stratégies sont extrêmement efficaces et diminuent de 80% le risques de formes graves".

Que recommandent les autorités de santé ?

Cette année le Ministère de la Santé mentionne très clairement dans le calendrier vaccinal complet les solutions de prévention disponibles contre la bronchiolite à VRS « l’immunisation des nourrissons contre le VRS ou la vaccination maternelle pendant la saison épidémique (selon le choix des parents) ou l’immunisation des enfants nés avant la saison épidémique. »

Cette protection ne figurait pas auparavant car il ne s’agit pas véritablement d’un vaccin (un vaccin consiste à injecter des formes inactivées ou atténuées de germes de sorte à inciter le système immunitaire à produire les anticorps), puisqu’il s’agit d’une injection d’anticorps. Mais ce calendrier mentionne désormais aussi cette forme de protection, pour tous les nourrissons, qu'ils soient nés pendant la saison épidémique ou avant — ces derniers représentant chaque année près de la moitié des hospitalisations pour bronchiolite à VRS. et c’est fondamental.

Dans les mesures recommandées, il y a toujours bien sûr aussi les gestes barrières : éviter les personnes malades, ou les voir avec des masques, le lavage des mains, l’application de gel hydro alcoolique, etc.

Où et quand me faire vacciner ou faire immuniser mon enfant ?

Parlez à votre médecin de ce sujet pour choisir la solution qui vous convient le mieux pour protéger votre bébé né ou à naître lors de sa première année de vie. Si vous êtes enceinte la vaccination doit se faire entre la 32ème et la 36ème semaine d’aménorrhée. Pour votre enfant, l’injection se fait soit à la maternité pendant la saison épidémique, soit en libéral chez votre pédiatre ou médecin généraliste si votre bébé est né entre février et août, avant la saison épidémique. La campagne d’immunisation démarre en général début septembre et se termine début février. Donc pendant cette période les enfants bénéficient de cette immunisation à la maternité. Pour les enfants nés avant la saison du VRS -entre février et août, il faudra faire faire l’injection par votre pédiatre début septembre.

N’hésitez pas à aborder ce sujet avec les professionnels de santé qui vous suivent. Prenez soin de vous.