Bronchiolite à VRS : agir maintenant pour protéger bébé — 
tout ce qu'il faut savoir

Première cause d’hospitalisation et de passage aux urgences pédiatriques pendant la saison hivernale, la bronchiolite à VRS touche chaque année près d’un tiers des enfants de moins de 2 ans (1). Tous les bébés sont concernés, même s’ils sont nés à terme et en bonne santé.(2) Reconnaître les symptômes, adopter les bons réflexes pour limiter la transmission, connaître les solutions de prévention existantes…Le point complet pour protéger votre enfant et agir à temps. 

Qu'est ce que la bronchiolite ?

C’est une infection virale respiratoire aiguë atteignant les bronchioles, le prolongement des bronches dans nos poumons, qui permettent l’accès de l’air aux alvéoles (3).

Le VRS, virus respiratoire syncytial, est responsable de 60 à 90% des bronchiolites (4). En France, chez les nourrissons, ce dernier touche chaque saison près d’un tiers des enfants de moins de 2 ans, soit environ 480 000 cas par an (5).

Ne nécessitant pas toujours une hospitalisation, fort heureusement, elle reste tout de même la première cause d’hospitalisation chez les enfants de moins de 1 an (6).

Quels enfants sont concernés ?

Tous les nourrissons sont susceptibles d'être hospitalisés, qu'ils soient nés prématurés ou à terme, en bonne santé ou avec des comorbidités, avant ou pendant la saison de circulation du virus.

En effet, près de 9 enfants sur 10 hospitalisés sont nés à terme et en bonne santé. Selon une étude française, menée sur huit saisons hivernales (de 2010 à 2018), chez des enfants de moins de 5 ans, hospitalisés à cause du VRS(7).

Par ailleurs, certains nourrissons sont plus vulnérables à ces infections et sont plus à risque d'être hospitalisés, notamment ceux nés prématurés, les nourrissons de moins de 2 mois, ainsi que ceux ayant certaines pathologies cardiaques ou pulmonaires, ou encore avec un déficit immunitaire etc (3).

Comment attrape-t-on la bronchiolite ? (8)

Le virus respiratoire syncytial, qui circule généralement de la mi-octobre à la fin de l'hiver, est présent dans la salive et les sécrétions du nez et se transmet de deux façons : 

 • Directement de personne à personne, par les sécrétions bronchiques (éternuements, postillons, toux, mouchage...) ou un contact entre personnes (baiser) ;

• Indirectement, par l'intermédiaire des mains ou d'objets souillés par la salive (jouets, linges de toilette, aliments ou boissons contaminés...)

Comment faire pour prévenir cette infection ? (6)

Deux stratégies de prévention sont possibles soit par immunisation directe via l’administration d'anticorps au bébé soit par immunisation indirecte via la vaccination de la mère pendant la grossesse (transfert d'anticorps de la mère au bébé). La campagne de prévention démarre le 14 septembre 2026 et concerne tous les bébés nés au printemps ou en été, ou à naître (9).

N'hésitez pas à discuter avec votre médecin généraliste ou votre pédiatre pour choisir ensemble la solution la mieux adaptée à votre situation.

Rappel des gestes barrières à adopter pour limiter les risques et la transmission (1)

En plus voici quelques bonnes pratiques pour diminuer la transmission à votre bébé, mais aussi à la fratrie, entourage proche : 

• Lavages des mains pendant 30 secondes, avec de l’eau et du savon avant et après un change et avant tétée, câlins, biberon, repas, etc.

• Utilisez une solution hydroalcoolique, s’il n’est pas possible de se laver les mains.

• Ouvrez les fenêtres de la pièce où votre bébé dort au moins 10 minutes par jour pour aérer.

•  Évitez, quand cela est possible, d’emmener votre enfant de moins de 3 mois dans les endroits publics confinés (transports en commun, centres commerciaux, etc.) où il risquerait d’être en contact avec des personnes enrhumées. Les réunions de famille sont à éviter en période d’épidémies.

• Ne partagez pas les biberons, sucettes ou couverts non lavés.

• Lavez régulièrement ses jouets et « doudous ».

• Ne fumez pas à côté de votre bébé et de vos enfants.

• Si vous avez un rhume, une toux, de la fièvre, portez un masque lorsque vous vous occupez de votre bébé et évitez de l'embrasser.

Quels sont les symptômes ?

 Le VRS entraîne une inflammation des parois des bronchioles (les plus petites bronches) et une augmentation des sécrétions responsables d’un phénomène d’obstruction.

Ainsi, la bronchiolite se caractérise par un épisode de gêne respiratoire, dont les signes sont une toux et une respiration rapide et sifflante. On constate aussi parfois une congestion nasale, une fièvre modérée ou absente (3). Le plus souvent c’est une maladie bénigne que l’on traite avec des médicaments pour lutter contre la fièvre si nécessaire, ou entre autres, avec un lavage de nez récurrent au sérum physiologique (10). Ce dernier permet d’évacuer les sécrétions et dégager la respiration de bébé. 

La durée d’une bronchiolite est en moyenne de 5 à 10 jours (1) mais une toux résiduelle peut persister une quinzaine de jours avant de disparaître et l'enfant guérit spontanément dans la majorité des cas. 

Néanmoins, certains nourrissons, notamment ceux de moins de 2 mois et les enfants les plus fragiles peuvent présenter une forme plus grave nécessitant une hospitalisation (2).

Les signes qui doivent alerter les parents : quand faut-il consulter un médecin ? Aller aux urgences ?

Surveillez votre enfant durant les 2 à 3 premiers jours. La phase aiguë de la bronchiolite dure en moyenne 10 jours (11)

Si le nourrisson a plus de 2 mois, et a des symptômes de bronchiolite, que son état général est conservé et qu'il continue à s’alimenter, il faut en premier lieu contacter son médecin ou pédiatre dans la journée, qui saura reconnaître facilement la bronchiolite et évaluer le niveau de sévérité (12). 

Dans la très grande majorité des cas, les bronchiolites relèvent d’une prise en charge en ville(3), cependant, certaines situations doivent alerter pour se rendre au service des urgences ou contacter sans tarder le service d'aide médicale d'urgence (Samu) 15 ou 112, en cas de signes alarmants (12) tels que :

* des vomissements systématiques ou un manque de tonus

* des pauses respiratoires ou une grande gêne pour respirer ;

* un refus de s’alimenter (biberons ou/et tétées) ;

* des malaises et une somnolence ;

* des lèvres bleues.

 

Ou, lorsque son enfant présente, en plus des symptômes, les critères de gravité suivants : 

* il est né prématurément ;

* il a moins de 2 mois;

* il est fragile, c’est-à-dire qu’il souffre, par exemple, d’une cardiopathie, d’une maladie respiratoire ou d’un déficit immunitaire.

Les signes de bronchiolite qui vous indiquent de consulter rapidement un médecin (10) 

* l'état général de l'enfant change : il est fatigué, moins réactif ou très agité… ;

* il est gêné pour se nourrir et mange moins sur plusieurs repas consécutifs;

* il est gêné pour respirer et creuse son thorax;

* il a une fièvre très élevée et/ou mal tolérée ;

* il respire beaucoup plus rapidement que d’habitude.

Quelle est la prise en charge lorsqu'un bébé a une bronchiolite ? (12)

La prise en charge d'un bébé atteint de bronchiolite varie en fonction de la gravité de la maladie.

Pour les formes légères, une hospitalisation n'est pas nécessaire : le médecin généraliste, le pédiatre ou la PMI montre aux parents comment effectuer un lavage de nez et leur donne des conseils pour surveiller l'évolution de l'état de santé de leur enfant afin qu'ils sachent réagir aux signes d'alerte.

Pour les formes modérées, une évaluation est effectuée pour déterminer si les nourrissons doivent être pris en charge en ville ou, au cas par cas, à l'hôpital.

Pour les formes graves, les nourrissons sont directement orientés vers l'hôpital et, si nécessaire, vers une unité de soins intensifs. Les très jeunes enfants de moins de 6 semaines nécessitent également une surveillance hospitalière systématique.

Quels sont les bons réflexes en tant que parents d'un bébé qui a une bronchiolite ?

Les bons gestes si votre enfant est malade(13) :

- Suivez les soins et les traitements prescrits

- Nettoyez-lui le nez avec du sérum physiologique

- Hydratez-le régulièrement

- Aérez votre logement

- Couchez-le sur le dos

Peut-il y avoir des récidives ?

Éclairage sur les conséquences d’une première infection de bronchiolite à VRS, afin de mieux améliorer la prévention et la prise en charge des enfants vulnérables.

Pourquoi ces risques de réinfection ?

Le VRS, responsable de la majorité des bronchiolites sévères, provoque une réponse immunitaire insuffisante chez les nourrissons de moins de 6 mois en raison de l'immaturité de leur système immunitaire. Par conséquent, le corps ne mémorise pas ou peu la réponse immunitaire à apporter en cas de réinfection.

L’enfant peut donc retomber malade. Toutefois, il est constaté dans les études que les symptômes cliniques sont plus faibles lors de la récidive(14)

Combien d’enfants sont réhospitalisés après une première infection ? (14)

Il faut savoir que 2 nourrissons sur 3 sont infectés par le VRS au cours de leur première année de vie ; près de la moitié d’entre eux seront réinfectés au cours des deux premières années de vie. Toutefois, toutes les infections ne conduisent pas à une hospitalisation et leur sévérité tend généralement à diminuer à mesure que l’enfant grandit (15). 

 

 Article écrit en collaboration avec Christelle YOMBA II, Puéricultrice Conseil.

 

 

Références :

  1.  Vaccination info Service - Bronchiolites et infections respiratoires dues aux Virus respiratoires syncitiaux (VRS) | Vaccination Info Service
  2. Ministère de la Santé et de la Prévention – La bronchiolite : questions/réponses en direction des parents – Mise à jour : 8 septembre 2025
  3.  Assurance maladie - www.ameli.fr/assure/sante/themes/bronchiolite/reconnaitre-bronchiolite
  4. ANSM - https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/le-virus-respiratoire-syncytial-vrs
  5. Santé Publique France - https://www.santepubliquefrance.fr/index.php/bronchiolite/la-maladie
  6. Banzet L, et al. Caractéristiques des épidémies de bronchiolite en Languedoc- Roussillon. Bulletin de veille sanitaire n°14 – Numéro spécial / Juin 2015.
  7. Demont, et al. Economic and disease burden of RSV-associated hospitalizations in young children in France, from 2010 through 2018. BMC Infect Dis 21, 730 (2021). https://doi.org/10.1186/s12879-021-06399-8
  8. Assurance maladie - www.ameli.fr/paris/assure/sante/themes/bronchiolite/prevention
  9. Assurance maladie : Bronchiolite : les traitements préventifs pour protéger les tout-petits | ameli.fr | Assuré
  10. Haute autorité de santé - https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2019-11/hascnpp_bronchiolite_fiche_outil_conseils_surveillance_parents_2019.pdf
  11.  Haute autorité de santé - https://www.has-sante.fr/jcms/p_3118113/fr/prise-en-charge-du 1er-episode-de-bronchiolite-aigue-chez-le-nourrisson-de-moins-de-12-mois
  12. Assurance maladie - https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/bronchiolite/bons-reflexes
  13. Assurance maladie https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/bronchiolite/traitement
  14. Glezen WP. Respiratory syncytial virus: Back to Basics. J Allergy Clin Immunol. 2009;123:404- 405. 
  15. Journal of the Pediatric Infectious Diseases Society - 5 mai 2025 - Readmission Following  Respiratory Syncytial Virus Hospitalization among Children <5 Years of Age | Journal of the  Pediatric Infectious Diseases Society | Oxford Academic

 

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