Le lait de croissance : un réel intérêt nutritionnel

Entre 1 et 3 ans, l’alimentation de l’enfant est complètement diversifiée. L’apport lacté reste cependant essentiel et en dehors des rares cas d’allaitement maternel poursuivi à cet âge, il est important de choisir le lait qui sera le plus adapté. En effet, l’enfant en bas âge a encore des besoins spécifiques que les aliments autres que le lait ne couvrent que partiellement, comme l'explique ici Anne-Charlotte Delobelle, diététicienne-nutritionniste. 

Le lait de croissance recommandé pour l'enfant de 1 à 3 ans

Pour la Société Française de Pédiatrie, le lait de vache n’est pas adapté pour les enfants en bas âge et les laits de croissance (ou laits pour enfants en bas âge) sont fortement recommandés entre 1 et 3 ans (voire au-delà), en complément d’une alimentation diversifiée. Spécialement conçu pour répondre aux besoins nutritionnels du jeune enfant, le lait de croissance apporte la juste dose en nutriments nécessaire à sa bonne croissance et à son développement harmonieux. Il faut savoir cependant que les dispositions réglementaires concernant les laits pour nourrissons et de suite ne s’appliquent pas aux laits de croissance

La composition du lait de croissance : pourquoi est-elle si importante ?

Les laits de croissance ont une composition nutritionnelle proche de celle des laits de suite, avec un enrichissement en fer, des lipides en qualité et quantité, mais aussi des minéraux, vitamines et protéines.

Un enrichissement substantiel en fer assimilable

Pour une même quantité bue, le lait de croissance permet d’absorber quasiment 100 fois plus de fer que le lait de vache.

La carence martiale est la plus fréquente des maladies nutritionnelles chez le jeune enfant, notamment après l’âge d’1 an, lorsque les parents arrêtent souvent de donner du lait infantile à leur enfant. Elle peut être responsable d’une anémie, d’une susceptibilité accrue aux infections, d’anomalies du développement cognitif, de troubles neuro-psychiatriques et de troubles du comportement (hyperactivité). 

L'apport en fer, indispensable dans l'alimentation du jeune enfant

Les apports en fer par l’alimentation diversifiée sont limités, notamment par la faible quantité de protéines animales conseillée chez les enfants entre 1 et 3 ans: il faudrait 100 à 150 g de viande par jour pour couvrir les besoins alors que l’on en propose 20 à 30 g ! 

La biodisponibilité du fer des produits carnés est 7 fois plus importante que celle des végétaux. Ce n’est donc probablement pas un hasard si les produits carnés sont parmi les aliments préférés des enfants…

Les aliments les plus riches en fer avec un bon coefficient s’absorption sont : le boudin noir, le foie de veau, le bœuf, l’agneau, la charcuterie, le veau.

Quelques équivalences en terme de fer absorbé : 

360 ml de lait de croissance 

= 40 l de lait de vache

= 125 g de produits carnés

= 930 g d’épinards cuits

=1,4 kg de légumes secs cuits

Le lait de croissance est donc indispensable pour couvrir les besoins en fer à cet âge.

Des lipides en quantité et en qualité

indispensables au développement neuro-cognitif (le cerveau est composée de 60% de graisses).

La croissance et le développement rapides d’un enfant de 1 à 3 ans exigent des apports supérieurs en lipides (matières grasses) et acides gras essentiels (AGE). Or le lait de vache contient très peu d’omégas 6 et pratiquement pas d’omégas 3. 

Après 1 an, les lipides ne doivent donc pas être restreints, pour assurer au moins 35% des apports énergétiques.

Des minéraux en quantité modérée

notamment le sel, afin d’éviter de surcharger le travail rénal.

L’apport en sel des laits de croissance est donc plus faible que celui du lait de vache.

Mais aucun lien n’a été démontré entre une consommation sodée excessive durant l’enfance et le risque d’hypertension artérielle à l’âge adulte d’une part, et une appétence ultérieure pour le goût salé d’autre part. Il n’y a donc aucune raison objective de limiter la consommation sodée durant l’enfance, en dehors du principe de précaution.

Des suppléments en vitamines

A, E, C et surtout D, comme dans tous les laits infantiles

Des quantités limitées de protéines :

2 fois moins importantes que dans le lait de vache, elles sont adaptées aux apports nutritionnels conseillés chez les moins de 3 ans. 

L’excès d’apports protéiques est accusé de rendre obèse et d’altérer la fonction rénale à plus ou moins long terme. Mais il n’existe pas de données scientifiques solides pour affirmer le caractère délétère d’un excès de protéines chez le jeune enfant. La réduction du contenu protéique des laits infantiles (dont le lait de croissance) n’obéit donc qu’à un principe de précaution. Une réduction intempestive pourrait conduire à un défaut de croissance, notamment cérébrale.

Pourquoi ne pas donner du lait de vache aux enfants avant 3 ans ?

Le lait de vache ne permet pas de satisfaire pleinement les besoins nutritionnels de l'enfant de 1 à 3 ans. Le lait de croissance n’est donc pas un pur produit commercial, il a un réel intérêt nutritionnel. Il doit être proposé en relais du lait de suite vers l’âge d’1 an et poursuivi jusqu’à ce que l’enfant soit en mesure d’ingérer 100 à 150 g de produits carnés par jour, c’est-à-dire 3 à 6 ans. Si toutefois vous ne souhaitez pas donner de lait de croissance à votre bébé, vous pouvez opter pour du lait de vache entier (bouchon rouge) plutôt que du lait demi-écrémé (bouchon bleu). Le lait de vache entier est plus riche en acides gras essentiels, indispensables pour le développement neuronal de votre enfant en pleine maturation.

Bon à savoir : 

-Il existe des laits de croissance sous forme liquide ou en poudre.

-Le surcoût du lait de croissance par rapport au lait de vache est faible (coût médian : 1,2€/L pour le lait de vache et 2€/L pour le lait de croissance). Et le lait de croissance est incontestablement le moyen le plus économique pour apporter du fer assimilable (le coût des produits carnés, riches en fer absorbable, est bien supérieur).

-La plupart des laits de croissance sont aromatisés (dérivé vanillé) et sucrés pour masquer le goût métallique du fer et améliorer l’acceptabilité à un âge où l’enfant devient plus difficile. Le sucrage des laits de croissance ne risque pas d’augmenter l’appétence des enfants pour la saveur sucrée. 

Mais il existe des laits de croissance ni aromatisés, ni sucrés.

-Les laits de croissance peuvent être utilisés pour réaliser des recettes culinaires ou des yaourts.

-Les boissons végétales (amandes, soja, avoine, châtaigne, épeautre, noisette…) ne sont pas adaptées aux besoins de l'enfant en bas âge. Ces boissons comportent même des risques de sérieuses carences, notamment en fer, dont les réserves produites avant la naissance s'épuisent à cet âge. 

Anne-Charlotte Delobelle

Diététicienne - Nutritionniste

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