Le sommeil de bébé : les conseils d'une infirmière puéricultrice

Même si votre bébé a aujourd’hui 6 mois, 9 mois, 1 an etc., lisez ce qui suit, cela vous éclairera.

Le sommeil de bébé : les conseils d'une infirmière puéricultrice

Commençons par le commencement !

Les 3 premiers mois de bébé sont rythmés par … l’anarchie !

Ses journées et ses nuits ne se ressemblent pas, donc les vôtres non plus.

Tentez de mettre en place des horaires préétablis seraient vain pour la majorité des tout-petits, d’autant plus qu’ils ne correspondent pas aux vôtres. 

Détail qu’on oublie trop souvent : votre bébé ne sait pas lire l’heure !

Les temps de sommeil, d’éveil, d’allaitement  et de biberons se succèdent sans de réelle cohérence.

Tous les besoins de bébé sont imbriqués et sa seule façon de communiquer avec vous est de pleurer.

C’est pourquoi il est si difficile de s’y retrouver.

La physiologie du sommeil

Le sommeil des bébés de la naissance à 4 mois est radicalement différent de celui des adultes.

Connaître la physiologie du sommeil de votre bébé vous aidera à mieux le comprendre, à ne pas vous inquiéter ou à vous déculpabiliser.

Nous les adultes avons des phases de 90 minutes avec des micro-réveils entre chaque phase dont n’avons pas conscience la majorité du temps, on change de position, on regarde l’heure sur le réveil …

Les bébés jusqu’à 4 mois ont des phases de 45 minutes environ avec également des micro-réveils de quelques secondes à quelques minutes.

Vous comprenez maintenant mieux pourquoi votre bébé de 0 à  4-6 mois environ dort par période de 45 minutes voire 30 minutes, ce qui  peut paraître peu mais finalement normal.

La physiologie de son sommeil se rapproche tout doucement de celui des adultes, c’est chose faite vers 2 ans seulement.

Dès 6-9 mois ses temps de sommeil s’allongent, on peut donc commencer à parler de sieste : en général  1  le matin et 1 l’après-midi, d’au moins 1 heure- 1 heure 30.

La sieste du matin disparaît à partir d’un an, celle de l’après-midi doit dans l’idéal avoir lieu de 13h30 à 16h30 max.

Attention à ne pas laisser trop durer les siestes de fin d’après-midi, en effet s’il se réveille après 18h il aura des difficultés à s’endormir vers 21h, et tout sera décalé.

L’endormissement

Nous les adultes nous endormons en « sommeil lent superficiel », en étant calme et détendu.

Bébé lui s’endort en « sommeil agité » ! Il bouge, il ronchonne, il geint …

Tous les besoins de bébé étant imbriqués, il n’est pas en capacité de se rendormir après sa phase de micro-réveils à chaque fois, car il sera susceptible de ressentir la sensation de faim et le besoin de vous voir, vous sentir, d’être bercé …

Au début il peut donc avoir besoin de vous pour s’endormir, de vos bras, de votre voix, de votre odeur. Et oui il est un peu petit pour un doudou et la sucette ne fonctionne pas vraiment…

Par contre, évitez de tomber dans le piège de l’endormir systématiquement dans vos bras ou au sein ou avec le biberon dans la bouche. Quand il vous montre des signes de fatigue, qu’il a mangé, faites lui un câlin, bercez-le en lui disant qu’il est fatigué, qu’il a besoin de dormir, que vous allez le coucher dans son lit, que vous n’êtes pas loin, que vous vous reverrez après.

Alors oui, surtout les 1ères semaines, ça ne marchera pas beaucoup, on ne va pas se mentir, mais le fait de lui proposer à chaque fois mettra en route un rituel d’endormissement, c’est sa répétition qui fera que petit à petit il va en être capable.  Le contenu de ce rituel du coucher évoluera avec le temps  (berceuse, histoire, livre…) et va durer plusieurs années.

Mes conseils : ce rituel ne doit surtout pas comporter d’écran (tablette, ordinateur, téléphone, télé) et ne doit pas dépasser 10 minutes.

Le concept général de l’avis des spécialistes est aucun écran avant 3 ans.

Pour le sommeil, c’est encore plus vrai, pas d’écran après le repas du soir, car le cerveau est sur-stimulé alors qu’il devrait se mettre progressivement en mode calme.

Les réveils

Par contre il vous tend un piège bien malgré lui : comme il s’endort en sommeil agité, il se rendort en sommeil agité en bougeant un peu, en faisant des petits bruits… Mon conseil est de ne pas vous précipiter, attendez quelques minutes, il est susceptible de se rendormir seul pour un autre cycle.

Il faut donc trouver le juste milieu entre ne pas intervenir  du tout donc laisser son bébé pleurer et intervenir trop vite !

Ah c’est pas simple, n’est-ce pas ?

Bébé ne fait aucune différence entre le jour et la nuit, cela ne veut rien dire pour lui, 3h du matin ou 16h l’après midi c’est pareil.

Et ça aussi c’est difficile. Beaucoup de bébés dorment mieux la journée que la nuit.

Mon conseil est de lui apprendre en l’installant en journée dans une pièce en laissant de la lumière naturelle et en continuant à faire un peu de bruit, et la nuit dans une pièce sombre avec plus de silence. C’est le 1er donneur de temps dans son développement.

L’installation de bébé pour dormir

Les règles ci-dessous sont non négociables :

- sur le dos (pas le ventre, pas le côté)

- dans un couffin ou un lit à barreaux avec un matelas ferme adapté à la taille du lit (pas de lit parapluie)

- dans une gigoteuse (pas d’oreiller, pas de couverture)

- pas de tour de lit

- pas de peluche au niveau de sa tête, de toutes façons tout petit il n’en a pas besoin

- température de la pièce à 18-20°C, sauf en été quand on ne peut pas faire autrement…, en période de canicule bébé dort en couche

- ne pas fumer dans la maison, l’appartement, et encore moins dans la pièce où bébé dort.

 

ATTENTION : Un lit parapluie doit rester un lit d’appoint, occasionnel quand on n’est pas à la maison. Il faut l’utiliser sans ajouter de matelas, bébé doit dormir sur la galette avec un drap housse.

Il est recommandé de mettre le lit de bébé dans la chambre parentale les 6 premiers mois.

C’est aussi bien plus pratique quand on allaite. 

 

Pas de soucis pour un lit co-dodo indépendant mais collé à votre lit. Ne pas installer bébé dans votre lit, car il y a vos oreillers, vos couvertures, et cela peut être dangereux pour lui.

La place de son lit dans la chambre a aussi son importance, mon conseil : ne pas le « coincer » dans un angle ou derrière une porte, car votre bébé aura de plus en plus besoin de voir ce qui se passe autour de lui. Si quand il est allongé, il ne voit que le plafond, des murs, une porte, une armoire cela risque de l’angoisser. L’idéal est de mettre son lit le long d’un seul mur (pas de fenêtre, pas de radiateur) de façon à ce qu’il puisse voir toute la pièce et notamment la porte de la chambre.

Les pleurs

Alors oui un bébé ça pleure !

Mon conseil est de ne pas laissez pleurer votre bébé !  Mais  il y a pleurs et PLEURS.

N’écoutez pas ce qu’on dit : son cerveau est bien trop immature pour faire des « caprices » et ses poumons sont « faits » !

C’est donc une période qui peut être fatigante et difficile à vivre psychologiquement.

Le sommeil est le premier temps de séparation entre vous et votre bébé, cela vous inquiète peut être tout particulièrement.

Ne restez pas seuls : demandez de l’aide pour vous occuper de votre bébé, relayez vous dans le couple, demandez à papi mamie juste une après-midi de temps en temps pour souffler un peu, vous aérer la tête et penser à autre chose.

Si les pleurs de votre bébé sont intenses, fréquents et difficilement consolables, demandez de l’aide auprès d’un professionnel.

Votre médecin pourra dans un premier temps s’assurer que cliniquement tout va bien.

Ensuite, les infirmières puéricultrices sont là pour vous écouter, vous rassurer, vous soutenir et trouver des solutions avec vous. Parce que oui un bébé pleure, mais oui aussi on peut trouver des astuces pour atténuer ces pleurs.

Parfois maman traverse un baby-blues voire est déprimée, consulter un psychologue peut être d’un grand secours.

En effet, on a coutume de dire que les bébés sont des éponges : et c’est vrai !

Ils ressentent l’état psychologique de leurs parents. Mais ne culpabilisez pas pour cela, vous n’êtes pas des robots, les parents parfaits n’existent pas et les bébés parfaits non plus.

On fait comme on peut, c’est tout !

Vous pouvez parler à votre bébé, dites lui que vous ne le comprenez pas toujours, que c’est difficile et compliqué pour vous et que même si vous êtes un peu perdus, vous êtes là pour lui.

En résumé : dormir, ça s’apprend, en plusieurs étapes qui s’étalent sur les 6 premiers mois : être couché dans son lit, s’endormir seul, se rendormir seul et faire ses nuits. Il a besoin de vous pour apprendre tout cela, il n’a pas la capacité de le faire seul. Ses journées ont aussi besoin d’être structurées : horaires des repas, temps d’éveil, sorties extérieures …

Si votre enfant a des difficultés d’endormissement et/ou de réveils nocturnes, revenez aux fondamentaux : dans son lit, rituel du coucher, pas d’écran, un environnement calme.

Il peut être aussi utile d’intervenir sur l’alimentation pour régler ces difficultés. Par exemple, un bébé de 6 mois n’a plus besoin de téter ou de prendre un biberon la nuit.

Ne restez pas seuls, faites vous aider !             

Les professionnels compétents sont les infirmières puéricultrices en PMI ou en libéral et les psychologues si maman se sent déprimée.

Il n’y a pas de parents parfaits ni de bébés parfaits !

Article rédigé par Céline Vignat, Infirmière Puéricultrice

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