Du Baby Blues à la dépression post-partum

Environ 15% des femmes, soit plus de 85 000 sont touchées par un mal être plus ou moins important, durant la période périnatale.

Du Baby Blues à la dépression post-partum

La maternité engendre bouleversements physiques mais aussi psychologiques. Il n’est pas rare d’avoir des doutes, de ressentir une ambiguïté, de ne pas être aussi heureuse que l’on s’y attendait. 

Ce que nous nommons «difficulté maternelle » (terme emprunté au Dr JM DELASSUS en maternologie) est un état existentiel, un état de maternité psychique, pouvant générer certains problèmes de santé tant pour la mère que pour son enfant, mais non réductible à une maladie, un trouble ou une pathologie et pouvant s’installer autant en période prénatale que postnatale.

Une inquiétude peut s’installer vis-à-vis de l’avenir, plus ou moins ponctuée d’angoisses. Avant ou après la naissance, les femmes peuvent se mettre à douter de leur capacité à s’occuper de l’enfant, pensant parfois être une mauvaise mère.

Le baby blues, présent dans les premiers jours qui suivent la naissance, est une phase normale, une période de grande sensibilité qui permet de s’adapter aux besoins de son bébé. Celui-ci peut persister 2 à 3 jours, parfois juste quelques heures. Il se manifeste par des pleurs, des inquiétudes et des émotions très vives, mais aussi par des rires, des regrets, de la nostalgie... . Le baby-blues est vécu par 40 à 80% des jeunes mères et n'est en rien pathologique. Dans tous les cas, les symptômes du baby-blues doivent être pris en compte afin de dédramatiser et rassurer. Le baby-blues ne persiste jamais plus de 10 jours. Au-delà, il est nécessaire d’en parler à sa sage-femme ou au médecin généraliste.

Les troubles du sommeil sont souvent les premiers signes qui peuvent interpeller. Le manque d’énergie, la tristesse, le manque d’appétit,  les envies de fuir, les idées suicidaires, parfois les hallucinations, des phobies d’impulsions,  l’impression de ne pas se sentir mère... sont autant de facteurs à prendre en compte.

Certaines mamans  présentent une vigilance accrue, une attitude hyperactive, guettent sans cesse leur bébé dans la crainte qu'il ne lui arrive quelque chose. Elles éprouvent le besoin de se dépenser, d'être sans cesse en mouvement comme s'il y avait un danger à rester calme et à se reposer.

Elles peuvent aussi être paralysées par les pleurs et les cris, les mettant dans l’impossibilité de prendre soin de leur enfant, dans une panique troublante ne leur permettant pas de repérer et de s’adapter aux besoins du bébé. 

Les femmes affectées par la difficulté maternelle tentent parfois de cacher leur mal-être et vont tout de même s'occuper de leur bébé, peut-être de manière automatique ou trop perfectionniste quand d’autres ne pourront plus approcher leur bébé par crainte de ne pas savoir s’en occuper ou de lui faire mal.

Lorsque les premiers signes de la difficulté maternelle s'installent, si la femme n'est pas accompagnée, les troubles s’intensifieront jusqu'à l’effondrement psychique et la dépression post-partum. Il arrive souvent que les jeunes mamans ne s'en inquiètent pas, mettant leurs symptômes sur le compte du baby-blues, et une fois rentrées chez elles, ne comprennent plus ce qui leur arrive. Elles ressassent leur accouchement, mettent de la distance avec leur bébé ou alors sont complètement fusionnelles... Il y a quelque chose qu'elles ne digèrent pas, sans en connaitre parfois la cause réelle. D'après les chiffres officiels (taux de dépression post-partum diagnostiquées), 10% à 20% des mères sont concernées.

Pour pouvoir se rétablir, il est nécessaire d’en parler, de mettre des mots sur les émotions qui submergent, aux proches, mais aussi aux professionnels de santé, pour bénéficier d’une écoute, d’un soin et d’une orientation : sage-femme, pédiatre, médecin, gynécologue, psychologue, professionnels de PMI ou de maternité, professionnels de santé formés à la clinique de la difficulté maternelle... Il est nécessaire de trouver une écoute bienveillante afin de livrer ses émotions et de comprendre cette spirale de craintes et d’angoisses pour trouver le chemin de la sérénité.

L’association Maman Blues est une association nationale de soutien, de partage et d’informations de la difficulté maternelle. Elle se place résolument du côté des parents, et en particulier des jeunes mamans, dans un esprit de soutien, de solidarité et de partage de leur histoire et leurs souffrances. Les bénévoles de l'association se mettent à l'écoute des mères en difficultés, les conseillent, les orientent vers des professionnels si besoin, et partent parfois même à leur rencontre. Différents relais Maman Blues ont également été mis en place en France pour apporter leur soutien aux futurs et jeunes parents et organiser des réunions d’information et de sensibilisation avec l'aide des professionnels de la santé locaux (PMI, maternités, associations de périnatalité...).

Pour celles qui préfèrent garder leur anonymat, le site de l'association met à leur disposition un forum, un lieu d'échange où les femmes peuvent faire connaissance avec d'autres mamans, partager leurs expériences et leur ressentis et trouver le réconfort dont elles ont besoin.

Les actions Maman blues s'inscrivent dans une démarche non médicale et/ou thérapeutique. Ils ne peuvent en aucun cas se substituer à un avis, ou à une prise en charge médicale ou psychologique.

Pour mieux comprendre la difficulté maternelle, Maman Blues a créé un ouvrage "Tremblements de mères", qui regroupe les témoignages de mamans qui racontent leur parcours, leurs souffrances afin d'informer les mères et les professionnels qui souhaitent comprendre cette souffrance... 

Marinette, de l'association conclut, en nous rappelant qu' « être prévenu ne protège pas, mais ignorer fragilise ».

www.maman-blues.fr

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